

Le Personnalisme ...
une philosophie à vivre ?
Face au libéralisme forcené dans lequel s'enfoncent nos sociétés et au risque croissant de les voir se muter en sociétés d'objets, je vous propose une voie, je dirais même une philosophie … celle que nous proposa Emmanuel Mounier – Le Personnalisme -
"Le temps est venu que les hommes parlent eux-mêmes de ce qu'ils sont et se réapproprient un savoir volé auquel ils n'ont jamais eu droit". Jacques Gaillot.
Rendre sa dignité à l'homme, lui faire retrouver sa confiance en lui-même et en ses capacités ; rendre ses lettres de noblesse au travail manuel en refaisant, par exemple, d'un ouvrier … un œuvrier.
Réapprendre à gérer nos vies pour mieux gérer
Je sais le Personnalisme capable de répondre à ce défi de nouveau millénaire, à la condition d’être prêts à nous engager entièrement, car c'est là, à mon avis, notre unique chance de salut.
Pourquoi devrions-nous réussir là où tous (?) ont échoué ?
Parce qu'il ne s'agit pas de vouloir sauver le monde et transformer les autres, mais uniquement œuvrer à sa propre transformation, à son propre salut et émettre le souhait d'y réussir suffisamment pour inciter l'autre à vouloir faire de même.
On ne transforme que ce que l'on connaît … que ce que l'on vit.
Comment agir efficacement et comment enrayer ces mécanismes implacables que sont :
- Paupérisme grandissant pour de plus en plus de femmes, d'hommes et d'enfants ?
- Pauvreté psychologique dévorant une jeunesse de plus en plus déboussolée qui, perdant ses repères, tente d'exister, de survivre, en plongeant délibérément, désespérément, dans l'alcool, les paradis artificiels et la violence ?
N'oublions pas que le plus haut taux de mortalité chez les jeunes n'est dû ni à la drogue, ni à l'alcool, mais au suicide. Sans oublier que drogue et alcool les y conduisent quand même … un peu plus tard, c'est tout.
- Comment stimuler, secouer les consciences et redonner courage à tous ces êtres en perditions ou sur le point de l'être ?
- Et enfin, comment ramener vers une dynamique d'action, tous ceux qui, de plus en plus nombreux, sombrent dans le pessimisme et la résignation parce qu'ils ne croient plus en rien ? (8% de syndiqués dont 2% d'actifs ; 30% de votants aux élections Prud'homales 67% d'abstention nationale dont 47,78% pour Lyon à ces mêmes élections).
- Face à cela, nous ne pouvons espérer en des jours meilleurs que par une refonte totale dans notre manière d'appréhender ce monde et ceux qui l'habitent, en retrouvant les vraies valeurs que sont le respect, la communication, le partage, l'amour …
Cette mutation passe obligatoirement par la prise de conscience de chacun d'entre nous, et par notre volonté personnelle, à vouloir l'appliquer pour lui donner vie.
… les damnés de
C'est dans cette errance que se trouve plongé l'homme d'aujourd'hui. Mais c'est pourtant en s'appuyant sur celle-ci que nous suggérons de marcher ensemble, avec nos différences, vers un monde plus cohérent.
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Le Personnalisme.
Le mot « personnalisme » fut utilisé par Renouvier en 1903, pour qualifier sa philosophie tombée depuis en désuétude. Il reparu en France vers 1930 pour désigner, dans un tout autre climat, les premières recherches de la revue Esprit et de quelques groupes voisins, autour de la crise politique et spirituelle qui éclatait en Europe. Le Quillet-Flammarion en donne la signification suivante :
1) Attachement à sa propre personne. Conduite de celui qui rapporte tout à lui seul.
2) Doctrine communautaire tentant à préserver la personne humaine contre tous les totalitarismes.
Ce que l’on appelle aujourd’hui personnalisme n’est rien moins qu’une nouveauté. L’univers de la personne, c’est l’univers de l’homme mais il serait étonnant que l’on eut attendu le 20ème siècle pour l’explorer, fût-ce sous un autre nom.
Qu’est-ce que le personnalisme ?
Ce n’est pas un système.
Le personnalisme n’est pas uniquement une attitude ou une façon de vivre. C’est une philosophie ; pas un système. Mais il ne fuit pas la systématisation car il faut de l’ordre dans les pensées les concepts et autres logiques. Sans cela la pensée se dissoudrait en intuitions opaques et solitaires.
Son affirmation centrale étant l’existence de personnes libres et créatrices, il introduit au cœur de ces structures un principe d’imprévisibilité qui disloque toute volonté de systématisation définitive.
Ce qui lui répugne le plus, c’est ce goût, si commun aujourd’hui, pour un appareil de pensée et d’action fonctionnant comme un distributeur automatique de solutions et de consignes, devenu barrage devant la recherche, assurance contre l’inquiétude, l’épreuve et le risque. C’est pour cette raison que si pour notre commodité de langage nous parlons DU personnalisme, il est préférable de dire qu’il y a DES personnalismes.
Un personnalisme chrétien et un personnalisme agnostique, par exemple, diffèrent jusque dans leur structure intime. Mais il suffit qu’ils se recoupent sur certains domaines de pensées, sur certaines affirmations fondamentales et sur certaines conduites pratiques, de l’ordre individuel ou de l’ordre collectif : pour donner sa raison d’être à un nom collectif.
Premier constat :
La personne n’est pas un objet.
En effet l’on pourrait s’attendre à ce que le personnalisme commençât par définir la personne. Mais on ne définit que des objets extérieurs à l’homme, et que l’on peut placer sous son regard. Or la personne n’est pas un objet. Elle est même ce qui dans chaque homme ne peut être traité comme un objet.
Exemple : :
Voici mon voisin. Il a de son corps un sentiment singulier que je ne puis éprouver ; mais je peux regarder ce corps de l’extérieur, en examiner les humeurs, les hérédités, la forme, les maladies, bref, le traiter comme une matière de savoir physiologique, médical, etc. Il est ouvrier, et il a un statut d’ouvrier, une psychologie de l’ouvrier que je peux étudier sur son cas, bien qu’il ne soit pas lui, lui tout entier et dans sa réalité compréhensive. Il est encore, de la même façon, UN Français, UN bourgeois ou UN maniaque, UN anarchiste, UN musulman etc. Mais il n’est pas UN Robert Dupond : Il est Robert Dupond.
Les mille manières dont je peux le déterminer comme UN exemplaire d’une classe m’aident à le comprendre et surtout à l’utiliser, à me comporter pratiquement avec lui. Mais ce ne seront jamais que des parcelles prises chaque fois sur UN aspect de son existence. Mille photographies échafaudées ne font pas un homme qui marche, qui pense et qui veut. Il n’y a donc pas les cailloux, les arbres, les animaux … et les personnes, qui seraient des arbres mobiles ou des animaux plus astucieux. La personne n’est pas le plus merveilleux objet du monde, objet que nous connaîtrions du dehors, comme les autres. Elle est la seule réalité que nous connaissions et que nous fassions en même temps du dedans.
Présente partout, elle n’est donnée nulle part. Nous ne la rejetons pas pour autant dans l’indicible. Cette ressource de la personne étant indéfinie, rien de ce qui la conditionne ne l’asservit, rien de ce qui l’exprime ne l’épuise. Pas plus qu’un objet visible, elle n’est un résidu interne, une substance tapie sous nos comportements, un principe abstrait de nos gestes concrets : ce serait encore une manière d’être un objet, ou un fantôme d’objet. Elle est une activité vécue d’auto création, de communication et d’adhésion, qui se saisit et se connaît dans son acte, comme mouvement de personnalisation.
A cette expérience, personne ne peut être conditionné, ni contraint. Ceux qui la portent à ses sommets y appellent autour d’eux, réveillent les dormants, et ainsi, d’appel en appel, l’humanité se dégage du lourd sommeil végétatif qui l’assoupit encore. Qui refuse d’écouter l’appel, et de s’engager dans l’expérience de la vie personnelle, en perd le sens comme on perd la sensibilité d’un organe qui ne fonctionne pas. Il la prend alors pour une complication de l’esprit ou pour une manie de secte.
Second constat :
Il y a donc deux manières d’exprimer l’idée générale du personnalisme.
Faire comme l’insecte qui se mime en branche pour se faire oublier dans l’immobilité végétale annonce l’homme qui s’enterre dans le conformisme pour ne pas répondre de soi, celui qui se livre aux idées générales ou aux effusions sentimentales pour ne pas affronter les faits et les hommes.
Ou alors, l’on vivra publiquement l’expérience de la vie personnelle, espérant séduire un grand nombre qui vivent comme des arbres, comme des animaux, ou comme des mécaniques. Bergson évoquait « l’appel du héros et du saint ». Mais ces mots ne doivent pas tromper : l’appel personnel naît de la vie la plus humble. Cependant elle doit être incessamment conquise ; notre conscience ne se dégageant que lentement du minéral, de la plante et de l’animal qui pèse en nous.
L’histoire de la personne est donc parallèle à l’histoire du personnalisme. Elle ne se déroule pas seulement sur le plan vertical de la conscience, mais sur toute son horizontalité, sur celui de l’effort humain pour humaniser l’humanité.
Puisque la personne n’est pas un objet que l’on sépare et que l’on regarde, mais un centre de réorientation de l’univers objectif, il nous reste à faire tourner l’analyse autour de l’univers édifié par elle, afin d’en éclairer les structures sur divers plans dont il ne faudra jamais oublier qu’ils ne sont que des incidences différentes sur une même réalité. Chacun n’ayant sa vérité que relié à tous les autres.
Troisième Constat :
Comme je l’ai déjà dit, ce qui rend à certains le personnalisme insaisissable, c’est qu’ils y cherchent un système alors qu’il est perspective, méthode, exigence. Une société non capitaliste devra s’ériger à partir de ces cinq principes fondamentaux.
I – Instaurer la liberté par la contrainte institutionnelle.
Le libéralisme est une utopie. Le réalisme c’est d’encadrer la liberté par des institutions qui en préviennent les tentations. Nous voulons pour toute contrainte matérielle, des institutions nécessaires afin d’assurer à tous une liberté matérielle sans danger.
II – Mettre l’économie au service de l’homme.
Les besoins de consommation et de jouissance doivent être limités par un idéal de simplicité de vie qui n’est nullement inconciliable avec la magnificence et la dépense créatrice. L’accomplissement de l’homme ne se trouve pas dans le confort matériel mais dans la vie spirituelle.
Mais avant de songer à se déterminer selon les exigences de la vie spirituelle, l’économie doit fournir un effort considérable et subir une réorganisation radicale que nous pourrions nommer décroissance, pour assurer à tous ce minimum de bien-être et de sécurité qui est nécessaire chez la plupart d’entre nous, à l’établissement d’une vie spirituelle. En effet, ne dit-on pas que ventre affamé n’a pas d’oreille ? Mais n’oublions pas que ventre repu n’en n’a plus.
III – Appliquer le primat du travail sur le capital.
Le capital n’a du droit dans une cité humaine que s’il est issu d’un travail et collabore à un travail. En toute occasion il n’est rémunéré qu’après le travail, ne reçoit de puissance que subordonnée à celle du travail. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui où spéculation et actionnariat dictent mondialement leurs lois.
IV – Imposer politiquement la primauté du service social sur le profit.
Le juste profit, représentation exacte du travail, ne peut être banni d’une cité de chair. Mais la préoccupation en doit être subordonnée, par les ressources de l’éducation et le pli des institutions, aux autres intérêts plus richement humains et, par delà, à l’amour du service social dans une communauté restaurée.
V – Réaliser la primauté de la personne s’épanouissant dans des communautés organiques.
L’équilibre de ces communautés décentralisées les garantira contre les retours de l’anarchie (prise dans son sens négatif) en même temps qu’il sauvegarde la personne, valeur première, contre l’oppression d’un appareil social trop centralisé.
Michel Ribeiro
Réflexion sur l’utopie
Automne 2002
Le dictionnaire nous dit :
“ Plan de gouvernement où tout est réglé pour le bonheur de chacun comme au pays fabuleux d’Utopie, décrit par Thomas More en 1518.
Au sens figuré : Grand projet séduisant mais illusoire ”.
Il semblerait à cette lecture que l’utopie ne se conçoive que dans un contexte de recherche du bonheur sous toutes ses formes et dans tous les domaines. Il est vrai que je n’ai jamais entendu parler “ d’utopie négative ”, seulement dans le but de nous faire renoncer (pour 1000 bonnes raisons) à nos rêves et ambitions personnels.
Songer rendre et voir un jour les hommes meilleurs relève donc pour une grande majorité de l’illusion … et ils ont raison.
En effet, tous les Pouvoirs laïcs ou religieux qui ont gouverné ce monde depuis notre plus lointain passé à nos jours, nous ont Tous imposés et nous imposent encore leurs utopies dans le sens illusoire du terme. Pourtant Tous affirmaient et affirment encore qu'eux seuls, détiennent les clefs de ce bonheur après lequel Tous nous courrons. Nous n’appelons pas cela utopie, illusions, mais réalité. Maintenant, si j’affirme que notre seul moyen à l’atteindre passe uniquement par notre propre désir d’une sincère transformation personnelle avec, pour seul souhait, donner envie à l’autre d’oser nous imiter … c’est nous qui sommes alors (pour eux) dans l’illusion … même lorsque nous vivons pleinement cet idéal.
Jules Verne rêvait d’un voyage sur
A la même époque, Monsieur Thiers, Président de la République, déclara sans avenir, donc utopiste ... le chemin de fer.
Sans commentaires.
Michel Ribeiro
Pour contact : mic.ribeiro@yahoo.fr





Elle est le principe même de tous les dérèglements et comme pour tout dérèglement, s’il n’est pas rapidement maîtrisé, elle nous poussera à des excès menant de l’inconduite à la corruption et aux débordements de toutes sortes. Combien d’hommes de par le monde, subissent les effets meurtriers d’une consommation d’alcool, de drogues (mêmes médicamenteuses) non maîtrisée. Ils commencent tous par boire 1 verre ; par fumer 1 cigarette ou 1 joint, par prendre 1 pilule de somnifère … etc.
Et que dire d’une sexualité non seulement non maîtrisée à travers le monde, mais incitatrice à toutes les corruptions, faisant de l’être humain, hommes, femmes et enfants confondus, une marchandise juste bonne à assouvir les faiblesses d’humains, esclaves inconscients, d’un maître sans pitié.

Il est l’arme absolue de ce monde, car c’est lui qui fait croire à l’humain qu’il est quelqu’un d’important. Nos cimetières sont d’ailleurs remplis d’orgueilleux qui étaient en mal de reconnaissance. L’orgueil recrute donc ses plus fidèles zélateurs chez ceux qui ont laissé leur fierté se transformer en orgueil ; chez ceux qui se croient supérieurs aux autres ; qui dédaignent le petit et méprisent le faible. Ce faisant, l’insolence prend le pas sur la courtoisie, et le respect cèdera vite sa place à la morgue et à la suffisance. L’orgueilleux est détesté de tous, car son arrogance le rend insupportable, surtout à ses semblables, à qui il renvoie … leurs propres images. Et pourquoi tout cela ?
« Pour vouloir être Grand … l’espace d’un miroir … » - Jacques Brel –

La paresse :
Chez les gens aisés, elle porte le nom d’oisiveté. On dit pourtant d’elle, qu’elle est
C’est peut-être pour cette raison qu’une certaine politique vilipende aujourd’hui le chômeur et le Rmiste qui osent se goinfrer de leurs misérables allocations … tout en travaillant au noir … qui roulent en grosse voiture …
Pourtant, c’est dans un bel élan de générosité et sans ciller une seule seconde, que nos Députés se sont attribués, légalement et à vie, de très confortables allocations (1200€ mensuel) … en cas de non-renouvellement de mandats, sans aucune obligation à devoir rechercher … un nouvel emploi.
Conclusion :
Il est peut-être temps que des « chercheurs » réfléchissent sérieusement aux problèmes posés par tous ces polluants, invisibles à l’œil nu mais terriblement actifs et destructeurs. Aussi je vous livre une réflexion de Confucius que j’ai faite mienne.
« Le vulgaire ne rougit pas de l’absence d’amour et n’a pas l’injustice en horreur. Si aucun avantage ne lui fait signe, il ne bouge pas. S’il n’est pas intimidé, il ne s’améliore pas. Mais s’il est conduit au bien dans les petites choses, il est attentif dans les grandes. C’est une chance pour les hommes vulgaires. »
Il dit aussi :
« Si le bien ne s’accumule pas, cela ne suffit pas à faire la réputation d’un homme. Si le mal ne s’accumule pas, cela n’est pas assez puissant pour détruire un homme. Le vulgaire pense pour cette raison que le bien dans les petites choses est sans valeur ; c’est pourquoi il le néglige. Il pense : « De petites fautes ne causent pas de dommage ». Par suite il n’en perd pas l’habitude. Ainsi ses fautes s’entassent jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus demeurer cachées et sa culpabilité devient si grande qu’elle ne peut plus être effacée. »
C’est donc vrai … la pollution de nos « intérieurs » affecte bien nôtre santé.
Bonnes réflexions à tous !
Citoyen !
Michel Ribeiro
Vous pouvez me contacter sur : mic.ribeiro@yahoo.fr
Mai
Je tiens dès à présent à préciser que ces réflexions sur notre "héritage de Mai 68" ne concerneront que
En déclarant pendant la campagne présidentielle qu’il fallait "liquider l’héritage de Mai 68", notre cher ou plutôt notre onéreux Président devrais-je dire, m’a amené à m’interroger sur cette période de l’histoire puisque j’étais âgé de 24 ans et que je me trouvais à Paris.
Je ne peux pas dire avoir été, politiquement parlant, directement concerné par ces évènements, mais je suis sûr qu’ils furent "responsables" de ma lente mais définitive ouverture politique à gauche (j’avais voté pour Jean Lecanuet en 65). C’est ce besoin irrépressible de justice sociale et de liberté qui me mènera, à travers ses sinueux sentiers, vers l’Anarchie. Non pas l’Anarchie traditionnelle en lutte permanente contre tous pouvoirs, à la manière de Blanqui ou de Proudhon, mais vers le mélange de deux Anarchies : celle humaniste de Louis Lecoin et celle, chrétienne, de Tolstoï, même si je me considère comme étant plus spiritualiste que chrétien et même si j’ai fais du Christ mon meilleur ami. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai, depuis près de trente ans, cessé progressivement de me battre – contre - les injustices sociales et humaines et commencé à lutter – pour - plus de justice sociale et humaine. Mais assez parlé de moi …
Qu’était Mai 68 ?
Ce mouvement fit partie d'un ensemble d'événements dans les milieux étudiants d'un grand nombre de pays de part et d’autre de ce que l’on nommait à l’époque … le "Rideau de fer", notamment en Allemagne, en Tchécoslovaquie, aux États-Unis, au Japon, en Italie et même au Mexique. Il est encore, pour beaucoup, à mettre en relation avec l'influence exercée par les valeurs engendrées par le mouvement hippie sur les jeunesses occidentales durant une bonne moitié des années 60 et son fameux aphorisme : "Faites l’amour … pas la guerre".
Quelles sont, présentées d’une manière schématique et à mon humble avis, les raisons historiques profondes qui conduiront,
Pour comprendre, il nous faut retourner plus de 30 années en arrière. Pendant et après les années sombres de récessions qui mèneront tout un peuple aux grèves de 1936 et au Front populaire amenant les premiers congés payés.
- 1939 – 1945, seconde guerre mondiale.
- 1945 – 1946 : mise en place de
" La sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu'en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à la préoccupation de débarrasser les travailleurs de l'incertitude du lendemain, de cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d'infériorité et qui est la base réelle et profonde de la distinction des classes entre les possédants sûrs d'eux-mêmes et de leur avenir et les travailleurs sur qui pèse, à tout moment, la menace de la misère. "
- 1944 : Le droit de vote est accordé aux femmes.
- 1948 : Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
- 1946 – 1954 : guerre d’Indochine.
- 1954 – 1962 : guerre d’Algérie.
- 1965 - La femme mariée peut ouvrir un compte à son nom et en disposer librement.
Toutes ces luttes, ces prises de conscience sociale et politique ainsi que tous ces combats, "libérateurs et guerriers", menés à l’échelle planétaire, seront le ferment menant à l’explosion sociale de Mai 68.
En France, ces événements prendront une ampleur particulière avec des manifestations d'étudiants, suivi d’une grève générale qui paralysera complètement le pays. Ils s'accompagneront d'une montée de réunions spontanées à l'intérieur des lycées et des universités, puis des entreprises, des administrations, des théâtres, des maisons de jeunes etc. Dans tout le pays, la parole se libèrera devenant, des semaines durant, le moteur majeur des Français. Que l’on soit pour ou contre, des dialogues ouverts se noueront dans les rues, entre inconnus, toutes générations confondues. Et même si le général de Gaulle qualifiera cette révolution sociale de "chienlit", Mai 68 aura insufflé en moi, comme en des milliers de français le goût irrépressible pour l’indépendance, l’aventure, la paix et la liberté. Il sera aussi en partie responsable de la multiplication du nombre d’objecteurs de conscience.
Les apports, sur un plan social, de Mai 68 ?
- De 1947 à 1958, le pourcentage des syndiqués passera de 50 % à 27 %.
- De 1958 à 1977, le pourcentage de syndiqués se stabilisera. Il augmentera même légèrement, passant de 27 % à 30 %.
- La grève générale de mai et juin 68, soutenue par sept millions de travailleurs qui occuperont leurs usines avec pour résultat, augmentation de 35% du salaire minimum et reconnaissance de la section syndicale dans l'entreprise qui sera officiellement reconnue par la loi du 27 décembre 1968, ce qui améliorera la représentation syndicale en définissant les fonctions de chacun de ces représentants.
- En 1970, un nouvel accord CGT-CFDT sera arraché au CNPF avec la revalorisation du SMIC, la retraite à 60 ans et la semaine de 40 heures. Ces réalisations sociales auront été très certainement pour quelque chose à cette augmentation des sympathisants syndicaux.
- La libération sexuelle sera aussi un des grands thèmes de Mai 68 et l’apparition de nouveaux moyens contraceptifs. Le féminisme se développera à travers son mouvement le plus radical, le MLF. C’est un ensemble de concepts politiques, philosophiques et sociales cherchant à promouvoir les droits, l'amélioration du statut des femmes et leurs intérêts dans la société. Après la loi Neuwirth en décembre 1967 sur la contraception, leur combat débouchera en janvier 1975 par la loi Simone Veil légalisant l'avortement.
- L'influence de Mai 68 se manifestera aussi dans l’éducation nationale. L'élève devient un "sujet" pouvant participer à l’élaboration de l’instruction dont il devient "objet". Parole libre et débat se multiplient, la discipline autoritaire faisant place à une participation active aux décisions. Parents et enfants participeront aux conseils de classe et à la redéfinition des règlements scolaires dans les établissements dès juin 1968.
Mai 68 produira aussi ses extrémismes sociaux :
- Issu de la dissolution en novembre 63 d’une section de Parisienne de
- Mai 68 se développera à partir de la banlieue bourgeoise de Nanterre, faisant d’elle le haut lieu de la révolte étudiante. Du petit groupe d’étudiant’, luttant contre les réformes Fouchet, naîtra un mouvement particulièrement actif et contestataire sur le plan politique, les "Enragés". Selon eux, il fallait s’attaquer à l’université en tant qu’instrument de domination au service du gouvernement et du système capitaliste en empêchant la tenue des cours au nom de la révolution. Il eut comme leader Dany Cohn-Bendit, dont le génie sera d’avoir créer un mouvement capable de regrouper plusieurs théories politiques autour de l’idée d’actions politiques instinctives. Autre particularité du mouvement : son antitotalitarisme viscéral et sa méfiance envers les formes d’organisations traditionnelles (partis, syndicats, etc.).
Que reste-t-il de Mai 68 ?
- Des syndicats appauvris puisque c’est en 1978 que s'amorcera leur déclin, passant des 30 % de cette époque à son niveau actuel soit 8 % de syndiqués (dont 2% d’actifs) pour… entre 16 et 17 millions de travailleurs. Est-ce seulement le désaveu provisoire du monde du travail ?
Personnellement, je pense que le mal est plus profond lorsque je constate plus de 70% d’abstention aux dernières élections prudhommales, ultime rempart entre patronat et classe ouvrière. C’est la porte ouverte à Madame Rachida Dati, s’empressant aujourd’hui d’en supprimer une soixantaine. Normal puisqu’il n’y a plus que 30% d’ouvriers à se sentir encore suffisamment concernés, pour faire l’effort d’aller voter pour ses représentants. Le plus fou c’est de savoir que tous sont pourtant payés pour aller mettre leurs bulletins dans l’urne.
Résultat : Une France privée de réaction et donc, d’action avec un peuple de moins en moins citoyen, ne réagissant que d’une manière sporadique et "corporatives" aux attaques ultralibérales.
Des exemples ?
25 novembre 1986 - Manifestations étudiantes et lycéennes en France contre le projet Devaquet. Le premier ministre Jacques Chirac répondra par une forte répression policière qui verra la mort de Malik Oussekine.
10 février 1995, suite de nombreuses manifestations pour retirer la circulaire Fillon, qui permettait aux titulaires d'un DUT, à s'inscrire en 2e année d'IUT, à titre exceptionnel et par dérogation, mais après avis favorable et motivé du directeur de l'IUT.
Mars 2000 un énorme conflit social secoue
18 mars 2003 : Grève et manifestations des personnels de l'éducation nationale et dans toute la fonction publique ainsi que dans de nombreuses entreprises privées, pour les retraites et contre la suppression des MI/SE (pions), le licenciement des Aides-éducateurs et la décentralisation.
Du 8 au 10 août 2003, rassemblement altermondialiste de 300 000 personnes sur le plateau du Larzac.
27 novembre 2003, 30 000 étudiants manifestent pour le retrait de la réforme LMD-ECTS (abréviation du terme anglais European Credits Transfer System).
Novembre 2004 : manifestation étudiantes refusant l'autonomie des universités, pour la défense du caractère national des diplômes et opposées à toute sélection (autre que le bac) pour l'entrée en faculté.
Mars Avril 2005 : les lycéens s'opposent à la loi Fillon contestant la réforme du baccalauréat, la suppression des travaux pratiques encadrés (TPE) et, les "restrictions budgétaires". Le 10 février, 100 000 lycéens défileront à travers
27 octobre 2005 émeutes dans les banlieues françaises. Commencé à Clichy-sous-Bois, elles se poursuivront dans un grand nombre de banlieues pauvres à travers
9193 véhicules incendiés, 2921 interpellations, 56 policiers blessés, 1 mort.
Mars avril 2006: Mobilisation très forte anti CPE (Contrat Première Embauche) et CNE (Contrat Nouvelle Embauche). Un million de jeunes et d'employés en grève en France selon la police, 3 millions lors de la plus grosse manifestation selon les organisateurs.
7 mai - 8 mai 2007 : Plusieurs manifestations ont eu lieu contre l'élection de Nicolas Sarkozy.
6 novembre 2007 : Des étudiants bloquent l'université Toulouse Le Mirail pour protester contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités. Justice, police, journalistes, SCNF, RATP, EDF, GDF, marins pêcheurs et toute la fonction publique manifesteront pendant ce mois de novembre 2007. De nombreux conflits sociaux se dérouleront dans le même temps. Régimes spéciaux des retraites, salaires et suppressions de postes dans la fonction publique, réforme de la carte judiciaire, etc. etc.
25 - 26 – 27 novembre 2007 : De nouveaux affrontements ont embrasé une banlieue au nord de Paris. Bilan : 82 policiers blessés, dont 4 grièvement.
Première conclusion :
Il semblerait, à travers tous ces exemples, que Mai 68 n’est été, selon les dire présidentiels, qu’un simple intermède, un rêve de gosse qu’il faut oublier, puisque rien ne peut empêcher l’avènement d’une mondialisation ultralibérale. Comme rien ne semble pouvoir empêcher l’éternel combat entre :
Un pouvoir de domination sans borne des puissants de ce monde, peu nombreux certes, mais servi par une multitude de valets, sur tous les peuples de la terre … et ceux qui leur résiste, luttant pour une société plus solidaire, plus fraternelle entre les hommes.
Pourquoi cet apparence d’échec ?
Mais parce que, malheureusement, trop nombreux sont ceux qui, pour toutes leurs "bonnes raisons", transforment leur désir d’indépendance en un repli sur soi individualiste et sectaire ; celui de l’aventure en un besoin exagéré, de retraite sécuritaire et le goût pour la liberté, en une prison dorée faite d’emprunts bancaires et "d’illusions de petit bourgeois".
Serait-ce sans espoir ? Serait-il impossible de vivre debout ?
Seconde conclusion :
Pour tous ceux qui, envers et contre tout, poursuivent la lutte POUR un monde meilleur, je peux dire que Mai 68 sera toujours la preuve que rien n’est inéluctable. Que tout peut advenir pour qui refuse la résignation.
Mai 68 n’a pas changé le monde ? Soit ! Mais il aura su proposé, individuellement, aux hommes qui le voulaient vraiment, "l’envie d’avoir envie" d’un monde meilleur. Il ne lui aura manqué qu’un authentique leader capable d’insuffler au plus grand nombre, la force d’aller plus avant dans son rêve émancipateur …
Citoyen du monde !
Michel Ribeiro
Lettre ouverte aux femmes et hommes politiques de tout bord – 4/12/2007-
Mesdames et Messieurs les politiques bonjour,
Permettez-moi, avant toute chose, de me présenter rapidement : Michel Ribeiro – 64 ans – Retraité – Français et Citoyen du monde. Et c’est comme tel, puisque, selon vous, nous voilà entrés dans un système de « Libre Echange économique » appelé plus communément, Mondialisation, que je vous dis ASSEZ !
ASSEZ de discours hypocrites et mensongers ! Nous sommes fatigués par toutes vos tergiversations politiciennes nous enjoignant de faire preuve de plus de compréhension, de plus de patience, de moins d’exigence, de plus de ceci, de moins de cela … etc.
Que devons-nous comprendre ? Que vous ne pouvez pas, ou que vous ne voulez pas voir le peuple de France vivre, et non pas survivre, en profitant, réellement, de toutes les richesses qu’il produit ? Avez-vous oublié ce que vos aîné(e)s en politique déclaraient par écrit le 10 décembre 1948 ?
« Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression »
Non ? Alors pourquoi laissez-vous un système économique scélérat, ruiner notre espérance en un monde un peu moins inhumain, un peu plus fraternel, poussant, chaque jour un peu plus d’hommes, de femmes et d’enfants à la rue, au désespoir et à la violence.
- Il semblerait que vous ayez oublié, que dans sa Charte …
- … les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des hommes et des femmes …
Et non uniquement celui du profit au détriment de celui du peuple.
- Qu’ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social …
Et pas exclusivement celui de la spéculation.
- … dans une liberté plus grande …
Celle des marchés, des spéculateurs et de ceux qui les et qui nous gouvernent sûrement, mais certainement pas celle des simples citoyens, avec l’intensification massive de contrôles et flicages en tous genres et dans toujours plus de domaines.
- Avez-vous oublié ce que proclame l’article 4 à savoir que …
Les chômeurs, ne sont-ils pas devenus les esclaves d’un système économique assassin, s’enrichissant outrageusement sur leurs souffrances ?
Que penser du Rmiste qui, pour ne pas se voir retirer sa misérable allocation, se voit contraint d’accepter n’importe quoi pour un salaire trop souvent plus que miteux et presque toujours pour très peu de temps ?
Que faites vous pour que cessent ces horreurs, sinon dresser ceux qui travaillent contre « ces assistés chômeurs, profiteurs éhontés des ASSEDIC, ces fainéants qui feraient mieux d’accepter, pour leur dignité( ?), n’importe quel travail, payé le plus souvent au rabais … et que nombre d’entre vous, présente comme des parasites, responsables des déficits sociaux » ?
A quels niveaux de responsabilités placez-vous nos grandes entreprises dans ces déficits, lorsque l’on connaît leurs engouements pour les délocalisations et ses corollaires, les trop fameux "plans sociaux" … au nom de la sacrosainte loi du marché ?
Que faites-vous pour les stopper … à part nous répéter, jusqu’à vous en convaincre (?), à longueur d’antenne, que c’est le prix à payer pour mettre en place et réaliser ce soi-disant progrès social, mondial, à venir ?
- Avez-vous oublié ce que proclame l’article 5 à savoir que …